Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

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Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par dudu le Mer 7 Mai - 19:22


Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football vaudois




FORMATION00:08
La présence de trois Lausannois à l’Euro M17, en Turquie, est un signe
de la bonne santé du secteur de formation dans le canton. Mais la
médaille a son revers.



© Crédit photo |
Les Lausannois Nassim Ben Khalifa, Alexandre Pasche et Bigambo Rochat participent actuellement à l’Euro M17 en Turquie. |
JEAN-PAUL GUINNARD












GRÉGOIRE SURDEZ | 07 Mai 2008 | 00h08





La formation des footballeurs vaudois se porte bien. Aujourd’hui, à
Antalya, trois joueurs (Rochat, Pasche et Ben Khalifa) issus de la
filière cantonale seront présents sur la pelouse lors du match de
l’Euro M17 contre l’Eire. Mais la médaille a son revers. Et chaque
année c’est la même chose: les meilleurs éléments du Team Vaud s’en
vont. Pas forcément sous de meilleurs cieux. «Qu’un joueur choisisse de
partir pour intégrer le centre de formation d’Arsenal, je pourrais à la
rigueur le comprendre. C’est vraiment ce qui se fait de mieux au monde.
En revanche, que ce joueur signe dans un club comme Monaco, je ne le
comprends pas», déclare Yves Débonnaire.


L’argent qui attire




L’entraîneur de l’équipe de Suisse M17 s’anime quand on évoque la
question du pillage de certains clubs par d’autres, plus fortunés, plus
prestigieux. «Mais pas forcément meilleurs en ce qui concerne
l’encadrement des jeunes joueurs. Il faut alors appeler un chat un chat
et parler de l’argent qui attire ces jeunes.» Là ou Lausanne n’offre
«que» des prestations (écoles, hébergements), les clubs plus fortunés
n’hésitent pas à rémunérer les espoirs dès seize ans: 3000, 4000 francs
par mois, des chiffres crédibles selon plusieurs acteurs du milieu.
Pour convaincre les parents de transférer leur enfant plus tôt encore,
le dédommagement est souvent beaucoup plus important (30 000, 40 000
francs).


L’exemple des trois internationaux lausannois est significatif.
Nassim Ben Khalifa (15 ans, Team Vaud M16) rejoindra Grasshopper la
saison prochaine. Bigambo Rochat (16 ans, Team Vaud M18) partira
vraisemblablement à Monaco. Quant à Alexandre Pasche – mieux entouré
peut-être –, sa situation est un peu différente. Le talentueux milieu
de terrain a brûlé les étapes et a déjà fait son nid en Challenge
League avec le FC LS où il est sous contrat. «Mon avenir? J’ai des
touches à l’étranger, répond-t-il. Mais je souhaite rester à Lausanne.
Cela dépendra aussi de la catégorie dans laquelle évoluera l’équipe la
saison prochaine. Une relégation réglerait l’affaire. Mais si on se
maintient, j’aimerais avoir des garanties sur le fait que l’on compte
vraiment sur moi.»


«Scouts» toujours




Comme tant d’autre avant le sien, le nom d’Alexandre Pasche figure
en bonne place dans les carnets des «scouts» des plus grands clubs
européens et suisses. A chaque match, ou presque, des sélections
régionales vaudoises, ces dénicheurs de talent bordent les terrains en
compagnie d’agents libres. «Ils viennent de plus en plus tôt»,
s’exaspère Débonnaire. Et de plus en plus tôt, ils proposent, ils
convainquent. Pour le jeune, pour ses parents aussi, il est souvent
bien difficile de résister.


Ainsi, Frédéric Veseli (15 ans Team Vaud M16 Lausanne) va prendre la
direction du centre de formation de Manchester City. Pourtant, la FIFA
interdit les transferts avant 16 ans. «Ce n’est pas grave, il fera un
stage jusqu’à ses seize ans en attendant de signer son contrat,
explique, dépité, Alain Joseph, vice-président du FC LS. Il préfère
donc partir et ne pas jouer pendant quatre mois plutôt que de rester
chez nous.» Mais n’existe-t-il pas de protection juridique pour
empêcher cet exode?


Clubs impuissants




«Concrètement, on ne peut rien faire à part convaincre le joueur
qu’il est de son intérêt sportif de rester chez nous, explique Alain
Joseph. La situation devient terrible pour les clubs formateurs.» La
compensation financière est en effet bien trop faible. Un exemple?
«Pour le transfert d’un de nos joueurs de moins de 18 ans dans un autre
club suisse, nous recevons une indemnité de 10?000 francs par saison de
formation. Ben Khalifa s’en ira donc à GC presque gratuitement. Pour un
départ à l’étranger, la situation est un peu moins mauvaise. La
compensation est de l’ordre de 20 000 euros. Mais à ce manque à gagner
s’ajoute surtout un manque sportif puisque nos équipes se retrouvent
privées des éléments les plus prometteurs. C’est aussi une source de
découragement pour notre staff technique.»


Une réflexion s’est donc engagée au sein du FC LS. La tendance? «Il
faudra que ça change assez rapidement, explique Alain Joseph. La Ligue
nationale doit s’emparer de ce dossier et revoir les indemnités à la
hausse. C’est la seule protection possible. En pouvant garder nos
meilleurs jeunes plus longtemps, nous redonnerons un sens à cette
Challenge League qui doit être une ligue de formation.»



» Le Team Vaud c’est…





13 Le nombre des équipes encadrées par des entraîneurs professionnels.
UN SYSTÈME
Celui de la pyramide mis en place depuis trois saisons. Dès 13 ans
(M14), les meilleurs éléments des clubs vaudois sont regroupés en 4
sélections régionales (La côte, Nord vaudois/Broye, Lausanne et
Riviera). A 15 ans (M16), on resserre les rangs. Les footballeurs les
plus prometteurs sont répartis dans deux sélections (Nord vaudois/Broye
et Lausanne). De ces deux équipes seront issus les M18 basés à
Lausanne. G. SZ




Ils sont partis plus tard, ils ont réussi





PHILIPPE SENDEROS Après le titre européen des M17 en
2002, il a d’abord fait ses preuves avec Servette en Super League avant
de partir à Arsenal. A Londres, il signe un contrat professionnel. Sous
la houlette d’Arsène Wenger, il s’est gentiment imposé à son poste
d’arrière central. A 23 ans, il est déjà considéré comme un des piliers
de l’équipe de Suisse.
TRANQUILLO BARNETTA Lui aussi a été champion d’Europe
en 2002. C’est à Saint-Gall que Gérard Castella le lance dans le grand
bain de la Super League. Après avoir fait ses preuves au plus haut
niveau en Suisse (60 matches, 11 buts), il s’exile en Allemagne au
Bayer Leverkusen en 2004. Il est prêté une saison à Hanovre. Régulier
dans la performance, il est un pion essentiel de son équipe. Comme
Senderos, Barnetta joue un rôle essentiel en équipe de Suisse.
STÉPHANE CHAPUISAT Le précurseur. Celui qui a ouvert
la voie a tant d’autres. On ne s’en souvient pas très bien mais avant
de faire trembler les filets en Allemagne, «Steph» avait patiemment
gravi les échelons en Suisse. A Malley (LNB) d’abord, puis au LS (LNA).
Ce n’est qu’à 21 ans qu’il tenta le pari de l’étranger. La suite, on la
connaît…
G. SZ








L’exil à 16 ans, un pari risqué





SANDRO BURKI Capitaine de la volée des M17 championne
d’Europe 2002, il a signé dans la foulée de l’exploit un contrat au
Bayern de Munich. Il ne jouera que dans l’équipe B (3e division)
pendant une saison. Il galère ensuite un an et demi à Young Boys (21
apparitions). Il part ensuite en Challenge League à Wil (six mois),
avant de jouer une saison à Vaduz. Ce n’est que cette année (à 22 ans)
qu’il retrouve l’élite suisse avec Aarau.
ARNAUD BÜHLER Lui aussi champion d’Europe en 2002, le
Baulméran signe la même année un précontrat à Liverpool. Il ne
franchira jamais la manche. Après une saison et demi à Lausanne, il
jouera deux ans à Aarau. Sa première expérience à l’étranger, à Sochaux
(en 2005-2006), ne dure qu’une année. Depuis, il joue à Sion. Cette
saison il a été titulaire à 16 reprises.
JOHANN DJOUROU C’est le contre exemple. Il a quitté
Carouge à 16 ans pour rejoindre le centre de formation d’Arsenal.
Patiemment, il a franchi plusieurs paliers avant d’intégrer l’équipe
fanion des Gunners. Cette année, il a été prêté six mois à Birmingham,
avant de revenir à Londres. Quand il n’est pas blessé, le Genevois de
22 ans joue de façon régulière. Son joli parcours anglais lui a valu
d’être très tôt sélectionné en équipe de Suisse.
G. SZ
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dudu

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Re: Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par Néo le Mar 13 Mai - 9:51

Je voudrais juste préciser que ce n'est en tout cas par des entraîneurs professionnels qui encadrent ces jeunes. Ce sont des entraîneurs qui travaillent (certains ont réduits leurs taux) et qui après leur journée viennent donner leurs entraînements.

Ils possèdent tous les diplômes nécessaires mais ne sont en tout cas pas professionnels. Ce qui n'est pas le cas par exemple à GC (Ou part Ben Khalifa) ou à Bâle... peut être que si on pouvait proposer une structure qui répond à la demande des jeunes (école + foot sur un même site avec entraînement spécifique les matin par exemple) on ne se ferait pas pié de la sorte!!!!

Néo

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Re: Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par dudu le Mar 13 Mai - 12:43

Ah bon !!! Et les bâtiments en bois derrière la pinte, ils servent a quoi à ton avis ?

On a un centre de formation qui n'a rien à envier au grands clubs Suisse, la différence, c'est qu'en signant à GC, il peux espérer jouer quelques minutes en LNA et faire sa place et niveau fric, ca change aussi !!!
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dudu

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Re: Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par Invité le Mar 13 Mai - 12:54

Je crois que ces jeunes qui n'ont rien prouvé en Challenge League et qui partent beaucoup trop jeune se laissent surtout attirer par les quelques milliers de francs qu'on leur promet ...

Pascal Muller

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Re: Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par Néo le Mar 13 Mai - 13:13

Le bâtiment en bois derrière la pinte sert à accueillir des joueurs, mais est-ce que tu as vu un entraîneur dans ce bâtiment. Le seul qui dispose d'un diplôme A de foot et le responsable et il n'entraîne aucune équipe!!!!
Je pense que beaucoup de monde ne se rend pas compte du retard que l'on a sur les grands clubs de Suisse (et je reste au niveau national!!!).

Il y a c'est sur un aspect financier mais aussi dans certains cas un aspect sportif et encadrement qui rentrent en ligne de compte!!!

Néo

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Re: Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par dudu le Mar 13 Mai - 20:53

Et si tu lis l'article Débonnaire le dis clairement, Monaco n'a rien de plus à offrir à un jeune niveau centre de formation, étude ... Monaco offre du fric et des avantagnes fiscaux et c'est tout.
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Re: Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par Néo le Mer 14 Mai - 8:02

J'ai lu l'article comme toi, je comprend ses propos. Je ne peux qu'être d'accord avec toi concernant Monaco. Le problème est malheureusement plus profond. Demande à un joueur de 15 ans de choisir de s'entraîner à la Pontaise ou à Monaco... Les paillettes sont visibles dans leurs yeux.
Maintenant pour revenir au problème de fond, il faut absolument proposer des plans de carrière complet à nos jeunes avec études et entraînement, tout cela encadrer par des pros. Cela se fait à GC, Bâle, YB et même Sion et Xamax

Néo

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Re: Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par dudu le Mer 14 Mai - 16:56

Je suis bien d'accord avec toi avec les paillettes !!! Malheureusement trop de gens leur promettent des choses pour se faire du fric ...

Et pour le moment, je pense pas qu'on puisse faire mieux, pour un club de LNB, on fait déjà pas mal ...

Par contre la ligue devrait faire quelques choses pour protéger les clubs qui forment comme le LS ...
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Re: Quand les grands clubs se servent dans le vivier du football

Message par Néo le Jeu 15 Mai - 8:28

On peut toujours faire mieux, mais il y a une chose que l'on ne peut
pas éviter. Les gens qui gravitent autour de tout ça sont souvent là,
comme tu le dis, pour se faire du fric. Je reste toutefois convaincu
qu'une structure plus saine et plus professionnelle doit être mis en
place à Lausanne. Car je pense que beaucoup de monde ne savent pas
comment fonctionne la structure actuelle, surtout pas les journalistes
qui écrivent des conneries (parce que c'était ça le sujet de
départ :lol!Smile.
L'avenir nous le dira...

Néo

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